Interview de l’Odieux Connard.

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Solly se lève quand on frappe à la porte. Elle rajuste son tailleur… Enfin… Son jean / débardeur, et va ouvrir la porte.

Derrière, l’attend son invité, cigare aux lèvres.

« Bonjour monsieur Connard, bienvenue à Sollyland. »

Il salue sans un sourire et se laisse mener aux deux fauteuils face à face au milieu de ce qui ressemble à un grand salon presque dépourvu de meubles à part de grandes bibliothèques le long des murs.

Une fois assis, la jeune femme sort un carnet et commence :

« Bon tout d’abord, monsieur Connard, merci d’avoir accepté mon invitation. Bon, vous êtes connu principalement pour votre blog Odieux Connard, compilant spoils de films, analyses politiques et sociales, magnifiques posts sur les sites de « coching séduction »… Bref, comment passe-t-on de prof d’histoire, à Odieux Connard ?

     – Ma foi, très simplement. Être enseignant vous apprend à haïr votre prochain. L’élève, tout d’abord, car son ignorance est proverbiale. Le parent d’élève, qui est comme l’élève mais en plus gros et avec moins d’excuses pour son ignorance et une fâcheuse tendance à vous expliquer que Chouchou est mauvais en cours parce qu’il est dyslexique/hyperactif/dyscalculique/autiste Asperger alors qu’en fait, Chouchou est juste con comme un manche de pelle (et je m’y connais en pelles). Et enfin, même le collègue professeur, car la grande maison Éducation Nationale abrite bien plus d’un être mystérieux. Si avec tout ça, vous ne haïssez pas l’Humanité, alors je ne sais pas ce qu’il vous faut.

La jeune femme acquiesce et reprend :

-Qu’est-ce qui a déclenché l’envie de spoiler des navetsBouses… Films, et à quel moment vous avez décidé de passer le cap du simple projet, ce jour où on se dit « hey, j’ai une idée ! » à la réalisation du blog ?

     – On m’y a un peu poussé par le passé, car les spoils, je les faisais à l’oral pour commencer, en utilisant tout ce qui me passait sous la main pour expliquer l’absurdité d’un film. Le premier spoiler de Bilbo et ses gifs est d’ailleurs un hommage à cette lointaine période. Mais en tout cas, on m’y poussait, je traînais les pieds, et puis un jour, sur un coup de tête, j’ai créé un blog. Et puis comme des gens venaient le lire, je me suis investi du devoir de le continuer. Pire encore, ça m’amusait. Bref, pas de grand projet machiavélique à long terme, je suis désolé.

-Pffff… Bon, mais malgré toutes vos Odieuxconnarderies, il doit bien y avoir UN film qui trouve grace à vos yeux ?

     – Tous les films de famille où on me voit. Quel jeu d’acteur, quel talent, quelle grâce.

– Si demain le monde du cinéma devait exploser et qu’il ne devait rester qu’un seul réalisateur, un acteur et une actrice pour repeupler ledit monde, qui seraient les meilleurs candidats ?

     – Ridley Scott, qui est devenu un champion des ratés, Nicolas Cage bien sûr, dont plus personne n’ignore la légende, et enfin Kirsten Prout. Pour d’évidentes raisons certes puériles, mais en même temps, pouvoir dire que l’on assiste à un dialogue de Cage à Prout, ça résumerait tellement bien Hollywood.

-Quelle est pour vous LA scène la plus honteuse, la plus « on va prendre les spectateurs pour des cons », celle qui vous provoque encore des envies stagiairicides rien que d’y penser ?

     – C’est affreux, car il y en a tellement que je ne saurais choisir. Je crois que je repense à cette scène de Wolverine : Le combat de l’immortel dans laquelle un mec se fait poignarder/empoisonner/noyer et meurt donc très fort. Avant de combattre Wolverine dans la scène suivante sans aucune blessure ni explication. Les morts qui reviennent à la vie car la réalisation a oublié qu’ils étaient morts, c’est quand même tellement de talent. Je prends celle-là, mais vraiment, il y en a tellement. L’intégralité de Prométhéus ou de La Planète des Singes : Origines, par exemple.

La jeune femme éclate de rire : « Ah oui ! Je me souviens de cette scène ! Mais bon, tout le film était un grand n’importe quoi… Bien, revenons aux choses sérieuses, où avez-vous recruté Diego ? Sur « adopte un homme de main.fr » je n’en trouve aucun d’aussi qualifié.

     – Les repaires à recrues, c’est comme les bons coins à champignons : ça ne se partage pas.

Bon, maintenant, entre deux sujets boulot, un peu de légèreté. (La jeune femme fait sonner une petite cloche posée par terre près de son fauteuil et aussitôt un très très grand jeune homme, les yeux pétillants en regardant l’Odieux et un sourire niais sur le visage, apporte une bouteille de whisky et un verre.) Ne vous inquiétez pas, il fait peur mais il ne mord plus. Il sait que s’il veut avoir le droit de vous poser une question, il doit être sage. Allez file, Maku ! Bon, pardon, donc :

-Quels sont vos genres littéraires de prédilection ? Et quel est l’auteur que vous aimeriez kidnapper pour qu’il vous écrive des livres à volonté ?

     – Desproges est mort, vous savez.

Ah oui, « Des Femmes qui Tombent », entre autre, parfait à lire dans les lieux publics pour se marrer niaisement toutes les deux minutes ! Quel est d’ailleurs votre livre de chevet ?

     – J’ai une stagiaire de chevet, ça compte ?

– Ça compte oui ! Les stagiaires sont des sortes d’objets qui peuvent remplir toutes les tâches… Et même en créer de nouvelles… Hem euh bref, quel est votre CD de chevet ?

     – Vous écoutez encore des CD, vous ? Allez, venez, je vais vous faire découvrir le streaming.

– Le… ? Strimingue ? (la jeune femme hausse les épaules et prie secrètement pour que personne ne remarque la cédéthèque remplie et les quelques cassettes audios qui trainent dessus. Quand on vous lit, on note sans difficulté que vous êtes (ou avez été) rôliste, quel est votre jeu de rôle préféré ?

     – Vaste sujet. Comme chacun sait, la qualité d’un jeu de rôles varie beaucoup en fonction de la table à laquelle on y joue. Je suis un grand amateur d’Ars Magica, qui en plus du contexte historique, offre une liberté rare et un concept de jeu original autour d’une seule entité commune, l’Alliance. Sinon, un bon vieux Donjons & Dragons avec la bonne table a toujours des qualités indéniables. Shadowrun, aussi, à condition de faire le tri dans le grand gloubiboulga qu’est ce jeu. Mais encore une fois : n’importe quel jeu peut se révéler extraordinaire à la bonne table. Ou infâme, c’est selon.

-Vous préférez être Maître de Jeu ou joueur ?

     – Joueur. Mon côté fainéant.

-Quel est votre souvenir le plus débile de partie ?

     – Là aussi, il y en a une certaine quantité, je ne suis plus tout jeune. Mais comme beaucoup de choses, c’est tout de suite moins drôle lorsque raconté. Je vais donc laisser cela de côté.

Bien, revenons aux choses sérieuses. Vous avez commencé un projet énoooorme. D’ailleurs, comme je ne suis pas la championne des résumés mais que je maîtrise totalement mes doigts de manière à appuyer avec une élégance incroyable sur les touches ctrl C et ctrl V, je vous laisse présenter ça vous même ! (bien fait!)

     – Lâchez ces touches immédiatement jeune fille, je m’en charge. (La jeune femme lâcha son clavier qui s’écrasa par terre, aussitôt ramassé par un petit pingouin en peluche qui tendit ledit clavier à l’invité) Vous aimez les séries ? Bien, parce que À la Vie, à la guerre (ALVALG pour les intimes), c’est une série sous forme d’un roman publié en temps réel qui se déroule durant la Première Guerre mondiale. On peut y suivre Antoine Drouot, un chef de machine dans une imprimerie en 1914 qui se retrouve mobilisé sur le front au sein du 24e régiment d’infanterie. Tous les jeudis est publié un extrait de son journal, racontant la semaine passée sur le front, à très exactement un siècle d’écart. 

     Et les autres jours de la semaine, on retrouve d’autres personnages : civils comme militaires, français comme allemands, anglais ou autre, et tous ont leurs propres espoirs et problèmes, à l’arrière comme au front. Qu’ils se croisent ou soient à des milliers de kilomètres, leurs choix influencent la vie des autres. Et tout ça en temps réel : le 28 novembre 2014, on pouvait ainsi suivre un personnage le 28 novembre 1914. La saison 01 a couvert toute la période juillet – décembre 2014. La saison 02 (janvier – juin 1915) vient de commencer, est désormais entièrement gratuite, et tout ça, ça se suit sur alaviealaguerre.com

     Détail important : c’est une série où les personnages peuvent mourir à tout moment. Ceux qui ont lu la première saison ont déjà pu le constater. Chaque jour, il faut donc espérer que son personnage préféré a réussi à s’en sortir.

Voici pour la présentation de votre travail. J’espère que je ne serai pas la seule à avoir envie de lire.

     – J’espère aussi, en fait.

D’ailleurs, même si j’ai un peu de retard, d’un simple point de vue « on me demande souvent mon avis sur des textes alors je le donne ici et toc », c’est vraiment bien écrit, très agréable à lire, et moi qui ai toujours trouvé les cours d’histoire ennuyeux (apprendre des noms et des dates sans rien comprendre… Bof bof…) et qui ne suis pas du tout passionnée de guerres, j’ai adoré.

     – J’ai une stagiaire payée pour rougir et glousser à ma place. Je l’appelle, on a besoin d’elle, là, tout de suite.

C’est vraiment accessible à tout type de lecteur… Equipé pour le numérique. D’où ma première question :

-Y aura-t-il une édition papier d’À La Vie A La Guerre ?

     – Et là je réponds : je l’espère ! En tout cas, l’idée est sur la table.

Pendant que le petit pingouin, étonnement discret, fait une petite danse de la joie, la jeune femme continue :

-Comment vous est venue l’idée d’un projet aussi ambitieux ? Pourquoi de cette façon et pas par un roman, un recueil de nouvelles ou quelque chose de plus classique ?

     – L’idée m’est venue il y a un petit moment maintenant. Je me disais que, puisque m’intéressant à la période, ce serait bien de profiter du centenaire pour faire quelque chose. Et pourquoi pas quelque chose en temps réel ! C’est pour ça que lorsqu’est sorti un peu après Léon Vivien, le « poilu en temps réel sur Facebook », je me suis dit que j’arrivais trop tard. Et puis non, finalement, leur idée était de faire une page Facebook sur quelques semaines là où je voulais raconter quelque chose sur plusieurs années. Un véritable roman. Car c’en est un ! Et puis, je peux ainsi me pencher sur quantité de choses : soldat au front bien sûr, mais aussi vie à l’arrière, marins, aviateurs, hommes politiques, personnages en France ou à l’étranger… bref, dessiner une grande fresque en temps réel.

-C’est un travail hallucinant ! Entre les épisodes hebdomadaires (même si vous ne devez pas les écrire chaque semaine et qu’ils doivent être prêts bien à l’avance j’imagine), le site, les histoires des autres personnages ; PLUS vos Odieuxconnarderies ; PLUS ; j’imagine, la vraie vie (ce truc chiant plein de gens et sans pixels)… Comment vous arrivez à tout gérer ? Vous êtes une sorte de robot mutant ?

     – J’écris à l’avance, en effet. Ajoutons que j’ai un métier, ce qui me prend un peu de temps aussi, mais avec un peu d’organisation, rien d’impossible. Point de mutants, de dimension X ou de Technodrome dans l’histoire.

-Qu’est ce qui vous passionne dans cette guerre en particulier ?

     – C’est une guerre maltraitée. Avouons-le : pour beaucoup de gens, c’est la guerre chiante pour le dire grossièrement. La Deuxième Guerre mondiale, ce sont des nazis, du débarquement, de l’occupation, des troupes en mouvement en permanence… alors que la Première Guerre, on imagine deux tranchées face à face où on s’ennuie, un bombardement ou un assaut de temps à autres, et basta ! Sauf qu’elle est passionnante, cette guerre ! Il y a du mouvement, des territoires occupés, des résistants, des inventions étranges, des combats de trains blindés, des avions qui attaquent des zeppelins, des personnages aussi honnêtes que d’autres sont malhonnêtes qui se retrouvent tous mobilisés dans un coin d’un pays où il n’y a guère plus de règles… et tellement de choses inconnues ou de légendes urbaines ! Voilà pourquoi j’essaie de raconter tout ça. Avec des personnages fictifs et des intrigues fictives, mais dans un monde bien réel.

-Le travail de documentation pour coller à la réalité malgré le fait que le personnage principal, Antoine Drouot, soit fictif, a du être énorme. Combien de temps ça vous a prit ?

     – En fait combien de temps ça prend serait plus exact. Une semaine racontée en temps réel, c’est plusieurs jours de travail pour faire les recherches historiques, écrire, mettre en forme… et en amont, il y a eu plusieurs mois de réflexion et de travail pour constituer les personnages, leurs familles, leurs intrigues et leurs destins. Et le tout toujours avec du travail historique pour qu’ils collent à l’époque. En tout cas, je fais de mon mieux !

-Pourquoi suivre spécialement CE régiment ?

     – J’ai fait des recherches pour trouver le régiment qui collerait le mieux à ce que je voulais raconter. Plusieurs régiments ont été pré-sélectionnés si je puis dire, et à la fin le 24e est resté : c’est à la fois le régiment de Paris, et un régiment qui va participer à bon nombre de batailles intéressantes à suivre. Il a aussi eu un destin un peu particulier mais… ça, je n’en dis pas plus !

-Hiiii ! (cri de groupie) j’ai hâte de découvrir tout ça ! Mais bon, hein, voilà, il est temps maintenant de faire entrer les lecteurs qui ont voulu vous poser des questions aussi.  Poinpoin, vas ouvrir la porte. »

Le petit pingouin en peluche se dandine jusqu’à la porte et se faufile par une chatière… Ou plutôt une… pingouinenpeluchetière. Il revient peu de temps après suivi de quatre personnes aux pieds et aux mains enchaînés.

-Bien, voilà les… Euh… Enfin bon, vous verrez. Ils vont vous poser leurs questions. Vous avez le droit à un joker. Et s’ils vous énervent, je vous invite à appuyer sur le gros bouton rouge à votre droite, vous verrez, c’est marrant.

La première question est donc de Maku. (un immense jeune homme s’avance, les yeux toujours aussi pétillants) Vas-y mon petit, on t’écoute :

« Odieux, d’accord, mais pourquoi Connard ? » sa voix est peu assurée et presque attendrissante… Presque.

     – Comme souvent expliqué, c’est un pseudonyme reçu plus qu’auto-proclamé. D’ailleurs, vous pouvez chercher le nombre de fois où mes détracteurs s’exclament « il porte bien son nom ». Comme quoi, finalement, eux et moi sommes bien d’accord. Je suis un homme de conciliation.

La personne suivante avance dans un bruit de chaînes..

-Voici Jean-Sébastien Guillermou.

« Quel est le pire film que vous ayez jamais vu ? Eprouvez-vous un plaisir un coupable à regarder un film que vous considérez comme complètement nul ? Y a-t-il un film que vous ne conseilleriez même pas à votre pire ennemi ? Inversement, si vous deviez vous venger d’une personne façon « Orange Mécanique » en attachant cette personne devant un écran, que film choisiriez-vous pour ce supplice ? »

     – Je ne sais pas si c’est le pire, mais j’ai un souvenir brûlant de Un cri dans l’Océan. Un film dans lequel, en VF, quand il faut qualifier le poulpe géant qui dévore l’équipage d’un paquebot, on ne trouve rien de mieux que « roublard ». Quels roublards, ces poulpes géants. Mais si j’ai un grand plaisir à regarder de mauvais films, je ne me sens pas coupable, je suis trop arrogant pour cela. Quant à mon pire ennemi… hmmm je dirais que je ne lui recommanderais pas de regarder le film de vidéosurveillance d’une certaine station-service de Rambouillet, il pourrait s’en servir contre moi. Enfin, comment torturer quelqu’un ? Avec l’ensemble de la filmographie de Kad Merad, bien sûr.

Diable, que de questions pour un seul homme.

Laissons la place à Capitaine Cixian.

« Bonjour Ô Dieu Connard. Je me demandais combien de fois tu visualisais un film pour pondre ensuite tes posts de spoiler et plus généralement combien de temps s’écoule entre la sortie du film et ta « critique » concernant ce dernier. (ps : je me suis bien bidonnée en lisant celles sur le Hobbit).

     – Je ne regarde le film qu’une seule fois, puisque déjà j’ai un temps limité, et puis hé, ho, hein, sinon j’aurais dû subir Twilight plusieurs fois par exemple, et ça, jamais. Donc un visionnage unique, pas de notes (puisque c’est souvent la question qui va avec), et sous 48 heures en général, je me mets à écrire. Et à votre service pour Le Hobbit, même si c’est Peter Jackson qu’il faut féliciter de tant de mauvais goût.

Et enfin, la dernière mais la plus gentille (je dis ça parce que je veux qu’elle continue à corriger mes textes hein!) Carole Durand !

« Quelles sorties cinéma attendez-vous ? »

     – Excellent question. Mais comme chacun sait, et la réponse est intemporelle : le prochain Nicolas Cage.

Voilaaaa !! Je vous remercie de votre venue, c’était odieusement sympa. » L’hôtesse se lève et raccompagne son invité vers la porte. Elle lui serre la main, Poinpoin fait coucou de la nageoire et l’homme quitte les lieux. La rouquine semble souriante, mais son regard devient plus sombre quand elle voit encore les autres lecteurs enchaînés, attendant d’être relâchés.

« Pffff… Il a même pas appuyé sur le bouton ! »

Elle se dirige alors vers le fauteuil de son invité et lorgne sur ledit bouton rouge. Elle semble hésiter, après tout, pourquoi infligerait-elle le châtiment du bouton rouge à ces gens innocents ? (sauf une) Elle s’éloigne alors d’un pas, puis, dans un geste rapide, attrape Poinpoin et le jette sur le bouton !

« Hooo vilain pingouin qui en plus est un manchot !! Tu as un mauvais fond !!

-POUH ! MAIS P’EST PAS POI ! » s’exclame-t-il alors avec son accent Poinpoin.

Mais trop tard, une trappe s’est déjà ouverte sous les pieds des intervieweurs d’un jour. Solly s’approche du rebord et regarde au fond. Elle fait une grimace dégoûtée.

« Beurk, tous ces chatons adorables qui leur font des câlins en ronronnant… C’est vraiment repoussant ! »

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Une réflexion sur “Interview de l’Odieux Connard.

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