L’Homme Pressé

L’Homme Pressé

« Militant quotidien De l’inhumanité Des profits immédiats Des faveurs des médias Moi je suis riche, très riche Je fais dans l’immobilier Je sais faire des affaires Y’en a qui peuvent payer »
B. Cantat. « L’homme pressé. »

« Lorie survivra-t-elle à cette attaque ? Vous le saurez juste après notre traditionnelle coupure publicitaire ! »

     La femme attendit un instant et retira son micro en soupirant :

     « Ernest, allez me chercher un café, vite ! »

     L’homme d’environ trente-cinq ans avait déjà prévu la demande de la Maîtresse du Jeu et arrivait déjà avec une grande tasse de café noir et fumant.

     « Tenez Maîtresse, il est déjà prêt. »

     Ne lui accordant pas un regard, restant tournée face au mur, la femme prit la tasse et fit un geste dédaigneux de la main, signifiant qu’ils pouvaient tous quitter la pièce. Son assistant sortit en dernier et soupira en fermant la porte. Un immense roux d’une quarantaine d’années, aux épaules de lutteur, lui fit un sourire poli et compatissant :

     « Allez Ernest, plus que trois heures à tenir ! »

     Le jeune homme haussa les épaules et ne répondit pas. Il était le premier assistant de la Maîtresse du Jeu, il n’avait pas à parler à un simple garde du corps ! Derrière la porte, en silence, Ernest restait les yeux fixés sur sa montre et, quand l’aiguille des secondes eut fait trois fois le tour du cadran, il entra sans attendre l’autorisation de la Maîtresse et alluma une cigarette qu’il mit dans son fameux fume-cigarette et alluma avant de la lui tendre. Elle, la main tendue, attendait sans rien dire… L’équipe revenait doucement sur le plateau et le tournage reprit.

     « Eh bien, mes chers amis, comme vous le voyez, Lorie est en mauvaise posture, mais peutêtre que son frère, de l’autre côté du sas, arrivera à temps pour l’aider ? »

     Plusieurs heures plus tard, Ernest avait été obligé de traverser toute la ville pour trouver le dîner de sa patronne et rentrait enfin chez lui. Il était très tard, la nuit était tombée et il dû montrer plusieurs fois son badge pour passer les postes de militaires qui veillaient au respect du couvre-feu. Quand il entra dans son luxueux appartement à l’avant-dernier étage d’un immeuble aux murs de verre, il remarqua le sac à main dans l’entrée. Il soupira. Lyvia était là, elle devait dormir. Il ne lui avait pas donné les clefs de chez lui pour ça ! Elle était censée rentrer tôt et lui préparer à dîner, lui faire l’amour, pas simplement squatter chez lui… Heureusement qu’elle était belle et qu’elle commençait à être connue sinon, il l’aurait fichue dehors, nue ou pas, couvre-feu ou pas.

     Pour se détendre, il alla fumer une cigarette sur son balcon. Le sniper sur le toit d’en face lui fit un petit signe et reprit son observation de la rue. Ernest expira la fumée par le nez, quelle ineptie de laisser encore ces idiots surveiller les rues. Ça faisait des années que la région était saine ! Les seuls Infectés qui restaient étaient ceux du hangar gigantesque où était tourné le Jeu. Il y jeta un œil et jeta son mégot par terre, allumant immédiatement une deuxième cigarette.

     Quand il alla enfin se coucher, il découvrit Lyvia, allongée en shorty de dentelle sur son lit. Elle dormait à poings fermés, ses seins blancs et appétissants offert à la vue et aux caresses. Il ne put s’empêcher de sourire. C’était agréable d’avoir une place aussi importante que la sienne, il avait qui il voulait. Il n’avait même pas eu à courir derrière elle. La jeune actrice, de dix ans sa cadette, lui avait été présentée à une soirée et c’était elle qui avait cherché à le revoir. C’était ça d’avoir de l’argent et l’influence. Tout le monde voulait être dans les petits papiers de la Maîtresse, et ils savaient tous qu’ils devaient passer par lui pour ce faire. Il s’approcha de la brunette et caressa doucement son ventre doux quand son téléphone sonna. Il sortit de la chambre et répondit en soupirant :

     « Oui, Maîtresse ?… Bien sûr, Maîtresse ! »

      Il raccrocha et se hâta de quitter de nouveau son immeuble. Madame souhaitait participer à une soirée dans une autre ville, il avait une demi-heure pour lui trouver un hélicoptère, une limousine une fois là-bas, et prévenir la boîte de nuit de son arrivée. Merveilleux, ça faisait si longtemps qu’il n’avait pas frôlé l’infarctus… Quand il put enfin rentrer chez lui, le jour se levait doucement, inondant la façade de verre de reflets rosés qui lui brûlaient les yeux tant il était fatigué. Chez lui, sa compagne du moment se levait. Elle était déjà habillée et maquillée et buvait un thé devant la télévision.

     « Salut ! Tu rentres à peine ? Ta patronne est vraiment désagréable ! Tu sais que l’esclavage a été aboli en… euh… Il y a longtemps déjà ! »

     Il se contenta de hausser les épaules, fumer une cigarette et aller se coucher. La jeune femme termina son thé et partit au travail, son texte sous le bras. Aujourd’hui, elle devait tourner une scène d’action ! La sonnerie stridente du téléphone réveilla Ernest une fois de plus. La voix cassée, il répondit :

     « Oui, Maîtresse ? Très bien, je m’en charge, Maîtresse ! »

     Il soupira, alluma une cigarette et fila ensuite se doucher et se raser. Une demi-heure plus tard, il était dans un taxi, avalant rapidement une pâtisserie sans aucun goût sortie d’un emballage plastique.

     La journée s’annonçait encore épuisante. Il devait trouver une robe de soirée, des bijoux, des chaussures, enfin tout ce qui permettrait à sa patronne d’être belle pour son dîner avec… Avec qui déjà ? Ah oui, le Président de Dieu savait où… Il passa donc en effet sa journée à courir après le temps, pressé, pressé, toujours aller plus vite, pas de repos, pas de répit, pas le temps de penser. Il ne pensait plus depuis qu’il avait obtenu ce travail. Ni aux victimes qu’il regardait mourir dans le Jeu chaque semaine, ni à sa vie superflue, il s’en moquait. Abrutir les foules pour mieux les contrôler ne lui posait pas de problème, il n’était pas concerné, il ne faisait pas partie de cette foule ! Il était tellement supérieur à tous ces gens qui s’échinaient à des métiers sordides sans jamais réussir à amasser assez pour se payer de véritables vêtements, des véhicules, de la drogue de bonne qualité… Ils n’étaient pour lui qu’une masse insipide synonyme de gains d’argent. Ils achetaient ce qu’on leur disait d’acheter et il touchait un pourcentage des ventes : les DVD du Jeu, les produits dérivés, les t-shirts, les mugs, les pins, même les bouteilles de soda à l’effigie de la Maîtresse du Jeu lui rapportait de l’argent alors il n’allait certainement pas se mettre à penser, à réfléchir, et à culpabiliser ! Leur accorder de l’attention revenait pour lui à donner de la confiture aux cochons !

     La seule chose à laquelle il s’était un jour permis de penser était qu’il se rappelait un lapin blanc dans un livre que sa mère lui avait lu un jour. Toujours pressé, toujours en retard pour servir sa reine. La Reine de Cœur, oui, voilà à quoi on pouvait comparer cette femme, la Maîtresse… Il se fit donc un plaisir de lui trouver un collier portant un rubis brillant taillé en forme de cœur. Elle ne comprendrait pas, mais savoir qu’elle porterait ça lui procurait un plaisir secret et merveilleux. Une fois de plus, il rentra chez lui tard et épuisé. Il était d’assez mauvaise humeur à cause d’un loueur de limousine pas fichu de comprendre trois mots et, même l’accueil de Lyvia, portant une petite robe courte qui moulait agréablement ses formes, ne lui fit pas plaisir. Il la repoussa et s’écroula dans son canapé de cuir blanc, allumant une cigarette. La jeune femme s’assit à coté de lui et passa ses bras autour de son cou. Il ne bougea pas.

     « Mon cœur, j’ai préparé le dîner ce soir ! »

     Il la regarda, soufflant la fumée dans son visage, amusée de la mine dégoûtée qu’elle prenait alors et répondit :

     « Mouais, j’espère que ce sera bon ! »

     Elle leva les yeux au ciel sans répondre… Il était si occupé, si fatigué, elle devait faire montre de patience avec lui. Elle se dessina donc un sourire charmant, ce même sourire grâce auquel elle avait eu le rôle principal dans son précédent film, et dit :

     « J’ai fait ton plat préféré ! »

      Il finit sa cigarette, écrasa le mégot dans son cendrier et se lava pour aller à la cuisine où une table décorée avec mauvais goût était dressée. Le dîner se passa mieux que prévu. L’excellent repas et les pitreries de la jeune femme réussirent à lui redonner le sourire. Ce fut même lui qui, à la fin du repas, alors qu’elle commençait à débarrasser, lui attrapa le poignet et la fit tomber sur ses genoux pour l’embrasser langoureusement. Elle lui rendit son baiser en soupirant, caressant ses lèvres de sa langue qui avait encore le goût des fruits qu’ils avaient mangé. Elle passait outre l’odeur de cigarette de son homme, elle passait outre son caractère, elle l’aimait. Elle aimait en fait surtout le poste qu’il occupait et le fait de pouvoir dire à ses collègue ou à sa maquilleuse qu’elle avait encore fait l’amour avec l’assistant principal de la Maîtresse ! Les regards jaloux et les flatteries qu’elle recevait alors la mettait en joie ! Quand il renversa ce qu’il restait sur la table pour la soulever et la basculer dessus, elle poussa un petit cri de joie et entreprit de retirer sa culotte de satin, heureuse qu’ils aient enfin un peu d’intimité, depuis le temps qu’elle attendait, mais le téléphone sonna.

     « Ne réponds pas, Ernest, s’il te plaît !

     – Je suis obligé de le faire… Allô ? »

     Il s’éloigna de quelques pas et Lyvia remit son sous-vêtement et commença à ramasser les morceaux de vaisselle qui s’étaient brisés au sol. Il ne vint même pas lui dire qu’il partait. La Maîtresse voulait enregistrer maintenant pour voir les effets de la fatigue et de la surprise sur les participants… Ernest devait donc faire venir tout le monde et préparer le plateau ! Il n’avait pas le temps de dire au revoir !

     Le tournage dura une éternité et, quand il rentra, il était exténué, se sentait mal et son seul désir était de se reposer au moins une nuit complète. Il se fit couler un bain et s’y plongea, une cigarette aux lèvres, quand il entendit sa compagne entrer. Elle l’appela et le rejoignit. Elle était belle, sans maquillage, vêtue d’un simple pantalon noir et d’un chemisier presque transparent. Il lui sourit et lui demanda de venir avec lui. Elle ne se fit pas prier. Lentement, sensuellement, à grands renforts de caresses, ils commencèrent à faire l’amour et Ernest se sentait de nouveau bien. Lyvia se montrait douce et ferme, prenant elle-même les initiatives, et il pouvait se laisser aller au plaisir sans n’avoir à penser à rien. Pourtant… De nouveau, son téléphone sonna. La jeune femme se redressa et leva les yeux au ciel :

     « Eh bien, réponds ! C’est encore elle ! »

     Il fronça les sourcils :

     « Je m’en moque, j’en ai assez, je donnerai ma démission à la fin du mois ! »

     Il laissa donc sonner l’appareil plusieurs fois et continua ses jeux érotiques avec sa belle compagne. Après tout, avec un CV comme le sien, il serait embauché partout où il le souhaiterait !

     Quand il se réveilla, Ernest découvrit avec horreur que le jour était déjà levé. Il se leva en hâte, le cœur battant la chamade, la Maîtresse serait furieuse. Son téléphone sonna. Il se figea un instant, il détestait quand elle faisait ça. Parfois il se demandait même si elle ne le surveillait pas pour savoir exactement quand l’appeler. Il attendit quelques sonneries puis décrocha :

    « Allô ? »

     Lyvia se réveilla lentement et le regarda, inquiète, elle savait qu’il avait désobéi en ne répondant pas la veille, et elle n’aurait pas du tout aimé être à sa place. Quand elle vit son visage devenir livide, elle se leva et le prit dans ses bras. Il finit par raccrocher et dit, d’une voix faible, la mine interdite :

     « Prépare tes affaires, nous sommes invités tous les deux à un safari avec la Maîtresse et quelques huiles. Je… Il paraît que c’est pour me récompenser pour mon travail et le fait que je n’ai pas pris une seule pause depuis mon arrivée à son service… »

     Lyvia éclata de rire et l’embrassa, ses yeux pétillaient et son sourire n’avait jamais été si large ! Ils préparèrent une petite valise pour deux, prirent leurs fusils et se hâtèrent vers l’héliport. Deux heures et demi plus tard, ils atterrissaient au milieu d’un campement sur une grande plaine. Au loin, ils avaient pu voir un village abandonné, une petite forêt et des champs laissés sans entretien depuis des lustres. Ils furent accueillis par le garde du corps rouquin de la Maîtresse. Il leur serra la main et dit :

     « La Maîtresse est désolée, elle n’a finalement pas pu venir, le dicta… Président de la France souhaitait la rencontrer. »

     Lyvia perdit tout de suite son sourire :

     « Oh non ! Mais ça sert à rien d’être là, alors ! »

     L’homme baissa les yeux sur elle, un sourcil haussé, et répondit :

     « Eh bien, vous pourrez profiter de tous les loisirs offerts dans le camp. Les tentes, ce n’est que pour l’apparence, au sous-sol il y a une petite ville entière avec massages, hammam, cinéma… »

     Se tournant vers Ernest, il ajouta :

     « Vous vous joindrez tout de même à nous, n’est-ce pas ? »

     Ce dernier acquiesça, plutôt soulagé par la nouvelle. Sa patronne était assez désagréable au travail, l’avoir sur le dos en repos ne l’aurait pas enchanté. On le fit entrer dans une grande tente qui cachait un ascenseur et ils furent menés à une chambre confortable, imitant le vieux style campagnard, avec des têtes d’animaux morts aux murs, des murs en bois, des couvertures en peau… Ernest eut une moue dégoûtée mais Lyvia retrouva le sourire. Elle se jeta sur le grand lit, oubliant un instant qu’elle portait une jupe légère qui s’envola, dévoilant le haut de ses cuisses, ce que ne manqua pas de remarquer le garde du corps. Ernest fit semblant de ne rien voir et ferma la porte. Il se changea, passant une tenue de chasse flambant neuve, prit son fusil, des munitions et se dirigea vers la porte :

     « Alors ? Tu restes là ?

     – Oui mon cœur, je vais aller me faire masser ! Et peut-être m’acheter quelques vêtements et me faire maquiller ? Quand tu rentreras, je veux être belle pour accueillir mon beau chasseur ! »

     Il sourit et partit vers la zone de rassemblement des quelques chasseurs. Ils firent des équipes de deux et se dispersèrent en surface. Ernest était tombé sur le garde du corps comme coéquipier… Comment s’appelait-il déjà ? Ah oui, Stanley. Le roux parlait peu et chassait bien, c’était plutôt un bon partenaire ! Ernest n’avait après tout chassé qu’une seule fois et son apprentissage militaire à l’école était loin derrière lui. Ils s’étaient rapidement dirigés vers le village abandonné qu’il avait vu plus tôt et très vite, ils entendirent leurs râles. Stanley fit signe à Ernest de se plaquer contre un mur et visa vers la porte de l’ancien bar où le bruit était le plus fort. La porte s’ouvrit lentement, dans un grincement sinistre, et l’odeur de pourriture monta aux narines des deux hommes. Ernest en eut la nausée, Stanley ne sembla même pas le remarquer. Une silhouette en sortit, la démarche lourde et gauche, la peau grisâtre, absente par endroits, dévoilant des os abîmés. Son visage sans yeux se tourna vers les deux chasseurs et il avança lentement. Le roux murmura :

     « C’est un vieux, aucun challenge ! »

      Il épaula son arme et tira. Un coup et le crâne de ce qui avait jadis été une femme éclata. Le corps s’effondra, mais les bruits autour d’eux s’amplifièrent. Ils les avaient entendus. Stanley se redressa et avança, faisant signe à Ernest de le suivre, ce qu’il fit sans se faire prier. Il commençait à avoir peur. Il savait ce que faisaient ces créatures, ils les avaient vues faire tant de fois… Il eut soudain un doute sur la validité de son vaccin. Avait-il pensé à son rappel ? Oui bien sûr, c’était obligatoire pour avoir ce travail. Avançant lentement, les cadavres arrivant vers eux plus ou moins vite selon leur état de fraîcheur, Stanley faisait un carnage ! Il semblait s’amuser comme un fou, souriant, riant et se permettant des commentaires déplacés que même Ernest avait du mal à ne pas trouver choquants. De toute façon, lui, qui pensait passer un moment agréable, se rendait compte qu’il était terrifié et ne se détendait absolument pas ! Déambuler entre ces… choses presque humaines, ces créatures hideuses, grotesques caricatures d’hommes et de femmes, ça le rebutait. Pourtant, il dut bien affronter sa peur quand, coincé dans une maison, Stanley dit, la voix tendue :

     « Couvre-moi, le temps que je recharge ! »

     Et, sans lui laisser le temps de réagir, il le saisit d’une poigne de fer par l’épaule et le plaça entre lui et les créatures qui arrivaient. Tremblant, Ernest tira. Une fois. Deux fois. Maisles choses, toujours plus nombreuses, avançaient sans cesse. Un troisième tir. Ernest sentit une grande chaleur dans son torse et ses jambes se dérobèrent sous lui. Il s’écrasa au sol dans un bruit sourd et n’entendit pas Stanley qui appelait l’équipe de nettoyage. Il vit bien des silhouettes passer au dessus de lui, il sentit bien l’odeur de chair brûlée mais il savait qu’il allait mourir. Le grand roux baissa son arme et se passa une main dans les cheveux en regardant la dizaine de nettoyeurs se débarrasser des derniers Infectés. Il se pencha alors sur le corps inanimé du jeune assistant et fouilla ses poches. Il trouva un paquet de cigarettes non encore imbibé de sang et en attrapa une qu’il alluma. Il souffla une longue bouffée avant de s’accroupir à coté du corps sans vie et de dire, fixant ses yeux déjà ternes :

     « Il ne fallait pas laisser tomber la Maîtresse. Rien de personnel, mec, mais les ordres sont les ordres… J’ai pas envie de finir comme toi en désobéissant. »

       Il se redressa et sortit de la maisonnette pour retourner vers leur véhicule. Quand Lyvia vit arriver vers elle, le grand roux, seul, la mine sombre, elle comprit. Les larmes aux yeux, elle se dirigea vers lui et demanda :

      « Ils l’ont eu, n’est-ce pas ? »

      L’homme acquiesça, sans rien dire. Il ne pensait pas que ça aurait été aussi simple. Elle se jeta dans ses bras et pleura de longues minutes. Mal à l’aise, l’homme lui tapota le dos dans un geste qu’il espérait chaleureux. La jeune femme finit par relever ses yeux larmoyants vers lui et lui sourit :

     « Au moins, vous êtes en vie ! Ça a du être très dur ! »

     Stanley acquiesça.

     « Je n’ai rien pu faire pour le sauver. »

      Elle essuya ses joues trempées de larmes et reprit son souffle, calmant ses sanglots :

     « Ça va être très dur maintenant, sans lui… »

     Le roux sourit :

     « Vous savez, je suis le chef de la sécurité de la Maîtresse, c’est une bonne situation, vous pourriez ne pas être seule… »

     La jeune femme fronça les sourcils et sourit :

     « C’est vrai ? Ce serait si gentil ! »

     Il saisit Lyvia par la taille et l’embrassa. Il était brutal mais elle saurait lui apprendre la douceur… Et puis, cette fois, elle aurait peut-être une vraie chance de rencontrer la Maîtresse !

     « Mais si vous y tenez, nous devons partir tout de suite, j’ai du travail, je suis un homme important, j’ai beaucoup de travail ! »

     Elle sourit :

     « Ça ne me changera pas trop !

     – Je travaille tout de même moins que votre ex-compagnon.

     – Parfait, alors ! Il était vraiment trop sous pression ! »

     Serrée contre Stanley, le tenant par le bras, Lyvia le suivit donc jusqu’à l’hélicoptère pour retourner en ville, où la Maîtresse du Jeu attendait.

bill

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